Hirsute, les expressions libres et énervées

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 mon conseiller monstro bancaire (2)

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schmitti



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Date d'inscription : 15/05/2008

MessageSujet: mon conseiller monstro bancaire (2)   Jeu 15 Mai - 19:39

Ce premier point traité, car n’oublions pas que monsieur fangeux est méthodique, il m’annonce qu’il va aborder un autre point qu’il nomme la domiciliation de mes revenus. Avec une très grande franchise, il joue carte sur table et aborde sans détour le délicat sujet:
- Monsieur S, j’ai donc appris que vous êtes titulaire d’un compte courant dans une autre banque. Je ne vais pas tergiverser, ce que je vous propose – je dois bien vous avouez que ça fait partie de mon travail – c’est de transférer ce compte dans notre banque et d’y domicilier vos revenus.
D’un petit hochement de tête, agrémentée d’une moue tout aussi expressive que celle dont ma gratifié mon petit frère, lorsque je commençais à sentir poindre les enquiquinements, je lui signifie que je suis le cours sur lequel il veut dévier mon flux monétaire depuis sa source jusqu’au réservoir de sa banque. J’attends la suite. Mon attention ne doit pas se relâcher. Comment va-t-il me baratiner ?
- Pourquoi cela monsieur S ? Eh bien déjà, pour simplifier la gestion de votre capital ; vous n’auriez plus qu’à traiter avec un seul intermédiaire. Et de plus je suis sur de pouvoir vous faire une excellente proposition, qui je n’en doute pas sera aussi profitable que celle de votre banque actuelle.
Je devrais sans attendre lui dire qu’il ne pourra pas me convaincre de remettre mes sous dans son agence. Mais, si je le faisais, je m’exposerais à l’un de ces fameux et imparables adages qui décrètent que l’on ne peut savoir si l’on va refuser une proposition avant de la connaître. Quand à lui apprendre qu’il y a quelques années, ses très désagréables prédécesseurs me saignaient à blanc quand je n’avais pas un rond ; je vous laisse vous imaginer avec quelle réponse, empreinte de conviction, mon conseiller philanthrope arguerait que son humanité, sa compréhension, sa rigueur, sa compétence, sa conscience et son éthique professionnel ainsi que celles de ses collègues actuels sont entièrement dédiées à la défense de mes intérêts financiers pour me mettre à l’abri de tout frais abusifs ou exagérés.
Résigné, j’écoute cette fameuse proposition, ni plus ni moins intéressé qu’auparavant, mais il est de plus en plus difficile pour moi de feindre l’attention. Car, que le transfert de l’argent soit gratuit ; que le taux d’intérêt soit équivalent ; que la carte de crédit soit Mastercard©, maousse costaud, maestro© ou gentleman. Je n’attends que le moment où, je pourrais enfin lui poser une question qui me brûle et m’apparait crucial. Mais ce n’est pas encore pour maintenant car, il ne se contente pas de décrire les conditions auxquelles je souscrirais ce compte ; il m’incite également à prendre des mesures pour épargner de l’argent moi qui n’est toujours fait que le zigouiller.
- Monsieur S, étant donné vos revenus et les maigres frais irréductibles qui sont les votre chaque mois – vous ne payer pas de loyer, vous n’avez pas de gros prêts à rembourser et vous n’avez pas de famille à charge – il serait judicieux que vous épargniez une petite somme, cent euros par exemple, que vous placeriez sur un compte épargne facile qui a un taux d’intérêt plus élevé.
Et ça, ça mérite une mise au point immédiate :
- Non monsieur Fangeux. Je n’y arriverais pas, je suis dépensier et désinvolte avec l’argent. Chacun des derniers mois, j’ai dépensé tout l’argent que je gagnais. Je me suis offert des plaisirs, notamment de petits voyages, que j’arrive tout juste à me payer et auxquelles je ne veux pas renoncer. J’arrive tout juste à boucler mon budget et il n’est pas question d’épargner.
Mise au point qui est immédiatement pilonner par l’expérience professionnel de monsieur Fangeux, qui ne l’oublions pas conseille efficacement de nombreux clients satisfaits, comme moi bientôt. Car, me certifie-t-il : « beaucoup réagissent comme moi avant de lui être reconnaissant d’avoir insisté »
Moi, je n’ai pas envie d’insister sur ce point et de l’entendre louer les bénéfiques conseils qu’il a put apporter aux nombreux clients qu’il n’a pas accompagné du moins dans cette agence puisqu’il n’est pas en poste ici depuis longtemps. Enfin ne soyons pas sarcastique, il est indéniable qu’il est expérimenté étant donné les compétences qu’il a devant moi étalé. C’est le moment idéal pour un petit test, cette fameuse question qui depuis avant me brûle les lèvres.
- Au crédit M, j’ai droit à un découvert de 500 euros sans frais. A la fin du mois, mon compte est débiteur de 500 euros ou quelquefois plus. Peut-on transférer un tel découvert ou doit-on faire le transfert en début de mois quand mon compte est encore créditeur ? Et, puis-je bénéficier d’un tel découvert dans votre banque ?
Je dois avouer que je suis déçu. Ma question, que j’espérais suffisamment incongru pour déstabiliser mon zélé conseiller, ne provoque chez lui aucune réaction particulière. Pire, il s’avère que pour lui, ce n’est pas une question à laquelle il est nécessaire de répondre et c’est tout à fait susceptible de m’énerver. C’est comme si mon interrogation n’avait jamais été prononcé ou qu’elle s’était perdu dans l’espace-argent qui me sépare de l’équilibre financier. Mais, je me rappelle que les lois de la physique financière n’ont pas été établi et je comprends rapidement que monsieur fangeux ne souffre pas de surdité et qu’il n’est pas victime d’absences. Par contre n’oublions pas qu’il est méthodique et constatons maintenant qu’il est plein de ressources.
Il aborde le point suivant comme s’il suivait un plan de chasse élaboré au début de notre entretien. Mais je ne crois pas que c’est le cas, je crois plutôt que ce nouvel opus témoigne des capacités de réactions et d’adaptations que le conseiller-prédateur a développé pour satisfaire pleinement le client ou traquer efficacement son gibier. Jugez-en.
- Monsieur S, voici le point suivant que je voulais aborder avec vous. Je vous ai suggéré d’ouvrir un compte Epargne aisé. Sur ce compte vous pouvez placer une petite partie de l’argent qui est actuellement sur votre PEL. Comme je vous l’ai expliqué, pour profiter d’un fort taux d’intérêt la plus grande partie de l’argent est placé sur la pyramide livide. Mais cet argent n’est pas disponible. Par contre l’argent que vous placez sur le livret épargne facile l’est et vous fait bénéficier d’intérêt plus élevé que le compte courant. Vous comprenez l’intérêt de tels placements qui vous permettront de gagner un maximum tout en ménageant une réserve d’argent pour répondre à d’éventuel frais imprévus.
Comme par exemple regonfler mon compte courant avant de le transférer. Je déteste sa façon d’ignorer ma question puis d’y répondre par cette proposition. Certain d’entre vous y verront la preuve d’une incontestable maîtrise des techniques commerciales et une certaine habilité. Moi j’ai l’impression que l’on essaie de maladroitement me manipuler, pour me faire dégorger de quelque billet. Et, plutôt que de lui dire que ça ne me plait pas, je lui réponds en remettant sur le tapis le trait prégnant qui dirige mon comportement avec l’argent.
-Monsieur Fangeux, je vous l’ai dit, je suis dépensier. Je ne veux pas que cet argent soit disponible. Si je peux le dépenser, je le dépenserais et cet argent je ne veux pas le dépenser maintenant, je veux le garder pour répondre à d’éventuel frais que je pourrais prévoir de faire dans les années à venir.
Je suis assez fier de cette réponse vaguement précise. Il pourrait se moquer de moi, tourner en dérision mes propos vaseux, juste destiné à l’embêter, à le déstabiliser. Mais je sais qu’il ne le fera pas, il bien trop ballot pour ça et ça ne collerait pas avec sa stratégie. Monsieur Fangeux est réactif et sait s’adapter mais il ne faut pas non plus exagérer ses capacités. D’ailleurs, je ressens un petit plaisir narquois et facile lorsque se profile sur son visage, jusqu’à maintenant quasi impassible, une expression perplexe qui laisse soupçonner que pendant un bref instant il est déstabilisé et ne sait plus comment enchainer. Mais, un professionnel tel que lui ne se laisse pas par si peu démonter et sait comment sereinement me rassurer :
- Monsieur S, j’ai l’habitude de conseiller des clients, et croyez moi, plus d’une fois j’ai incité certain d’entre eux, qui se méfiaient comme vous de leur propension à la dépense, à réaliser de tels placements qui se sont avérés bénéfique pour leurs finances. Vous n’avez jamais été dans une situation financière délicate, comme vous me l’avez expliqué, vous profitez de l’argent que vous gagnez sans vous préoccupez d’épargner et vous arrivez de cette manière à gérer. Ce qui prouve bien que votre comportement avec l’argent n’est pas aussi dilapidaire que vous le décrivez. Avoir d’avantage confiance, vous permettrait d’épargner.
Son constat, sa logique et sa confiance en ma capacité à ne pas dilapider sont propre à m’atterrer et me faire perdre l’once ou les quelques cents de confiance que moi j’aurais encore pu avoir pour ce conseiller dévoué. J’ai l’impression qu’il veut m’embobiner, me trimballer par le bout des billets jusqu’à tous les amener dans son escarcelle, jusqu’à ce que je me sois banquerouté ; ce qui est certainement le dernier de ses soucis. Je n’ai pas envie de répondre à ses allégations. Il va forcément devoir résigner ; le constat est évident notre entretien abouti à un ridicule cul de sac. Je suis curieux de savoir comment monsieur fangeux va maintenant manœuvrer.
Sans surprise et le plus naturellement du monde, il continue à traquer sur la même voie pour rabattre mes sous vers les coffres de sa banque et me liste l’ensemble des pièces qu’il faudra que je lui remette lors de notre prochain rendez-vous, afin qu’il puisse transférer mon compte courant. Cul de sac ou pas, ce conseiller borné ne perd pas le nord. Par contre moi, il m’a complètement perdu. Je le laisse déblatérer et lister quand soudainement il s’éclipse, quitte le bureau comme si de rien n’était, et revient dans l’instant avec un formulaire qu’il s’apprête à remplir. Je comprends qu’il s’agit des fameux papelards qui sont sensés me faire bénéficiaire du fameux dodécagone pas drôle et je lui dis que je ne suis pas prêt à signer. Fantastique, finalement ce n’est pas si compliqué que ça que de ne pas mordre à cet hameçon dont la forme, le volume, la couleur ou le faciès ne m’allèche absolument pas. Mais pas encore complètement démonté, mon conseiller buté qui à sans doute besoin d’informations supplémentaires ou qui espère ainsi m’acculer, me pose une superbe question, la question la plus ouverte qu’il puisse me poser : pourquoi ? Je lui réponds que j’ai besoin d’un certain temps de réflexion. Sur quoi, il s’enquiert de la longueur de cette cogitation : quelques minutes ? Quelques heures ? Quelques jours ? Une semaine, je lui réponds. Même si ma décision est bien sur déjà prise. Ca veut dire que ce satané requin va continuer à nager dans mes eaux. Mais qu’importe de toute façon si je lui dis mon verdict, je sais qu’il ne va pas en tenir compte et exécuter une fausse pirouette comme il le fait depuis le début de cet entretien. J’en ai marre de ses tours de prestidigitateurs consistant à escamoter tout ce que j’affirme qui ne lui convient pas. J’en ai soupé de cette chasse à court de but qui n’est pas fini puisque rendez-vous est fixé dans une semaine. Mais d’hallali il n’y aura pas, je sais déjà que je n’irais pas.
Moment est venu de nous quitter ; j’enfile ma veste ; la chaleur ne m’a pas fait perdre tous mes moyens me dis-je. Par contre, les dernières paroles prononcées par le conseiller compréhensif sont susceptibles de me faire choir sur la fade moquette de son bureau. S’apprêtant à m’ouvrir la porte, cet homme, ce conseiller psychologique plein d’empathie, marque un temps d’arrêt, pour me dire d’une voix de circonstance : « Allons monsieur S, ça va aller mieux. » Autant vous dire que j’ai failli pouffer, mais plutôt que ça, je me suis départi d’un sourire presque rigolard pour lui répondre : « mais oui, bien sur » ; tout en lui serrant la main et en plantant, pour la première fois et la dernière j’espère, mon regard dans ses yeux comme si j’allais y trouver un début d’explication à ce qui fait carburer un conseiller carnassier comme lui.
Depuis cet entretien :
J’ai pu vérifier qu’en effet, ce grand professionnel a omis de préciser :
que les intérêts annoncés, et dont soit disant j’aurais bénéficiés grâce au tonneau noiraud, auraient en réalité été amputés d’une légère imposition ; qu’il ne connait ou qu’il s’est abstenu de me proposer un placement dont il aurait pu me faire bénéficier et qui est plus intéressant que le plan épargne facile ; que son intérêt à défendre les miens est motivé par les intéressements que lui-même aurait perçu en me faisant bénéficier de ces fameux produits bancaires.
J’ai également rencontré une amie qui elle a souscrit au fameux topaze naze. Elle n’a même pas rencontré de conseiller. Ce dernier trop occupé a délégué sa tache. Mon amie m’a dit qu’elle a signé les papiers à la va vite sur le comptoir de l’accueil, elle a trouvé ça un peu cavalier. Moi je ne saurais dire quelle formule est la meilleure. Mais que font-ils avec notre argent dans les banques. Non capable de proposer d’intéressants placements, elles nous confrontent à d’incompétents conseillers pour nous les refourguer. Je ne suis pas spécialisé en finance comme vous avez pu le constater et suis de plus en plus désintéressé par cette non science. Si un jour, j’ai de l’argent et si j’ai envie de le faire fructifier, je me plongerais dans les arcanes infâmes du fonctionnement de l’économie.
Le brave employé, je l’ai rappelé la veille du jour rendez-vous, pour annuler. J’ai l’impression qu’à l’autre bout du fil il paniquait. Il insistait pour que l’on décide d’un autre rendez-vous.
- Impossible dans les deux semaines qui viennent Monsieur Fangeux et de toute manière je ne veux pas souscrire à l’icosaèdre maigre.
- Mais rappelez-vous que vous devez me ramener certaines pièces pour que nous puissions effectuer le transfert de votre compte.
- je ne veux pas le transférer.
- Mais enfin pourquoi ?
- Parce que vous m’avez mal conseillé Monsieur Fangeux et je ne veux pas mettre mon argent dans une banque où l’on me conseille mal.
- Je pense que nous devrions réexaminer tout cela. Je vous propose donc que l’on se rappelle d’ici deux semaines lorsque vous serez disponible.
- Très bien.
J’ai coupé là-dessus et quand il me rappellera, je n’en doute pas, je ne répondrais pas.
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